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Publié : 16 mars

Histoire de Mémoires

Histoire de mémoires
Publié le 23/02/2019 à 04:55 | Mis à jour le 23/02/2019 à 04:55

Des membres de l’association des Espagnols de Charente sont venus témoigner auprès des lycéens.

© Photo NR

Dans le cadre d’un projet sur les mémoires européennes, le lycée Desfontaines a accueilli une association de réfugiés espagnols et prépare un séjour sur l’exil.

 

En matière d’éducation, les témoignages sont souvent plus marquants que les livres. « L’an passé nous avions travaillé avec une classe de première sur la guerre civile espagnole, explique Géraldine Belmonte, prof d’espagnol. Devant la qualité du travail, j’ai décidé de le poursuivre avec eux cette année en invitant des personnes ayant vécu cette période, à venir témoigner de leur expérience ». Les personnes en question, ce sont les membres d’une association basée à Angoulême, l’association de parents et de familles espagnoles émigrées en France (APFEEF 16).
La rencontre a débuté par la diffusion d’un documentaire réalisé par la journaliste espagnole Laila Ripoll, « Le convoi des 927 ». « Nous avons été expulsés d’Espagne pendant la guerre contre Franco, témoignent les membres de l’association. Nous avons traversé les Pyrénées à pied et dans le froid à mesure que Franco avançait ». Ils et elles faisaient partie du demi-million d’Espagnols expulsés. Tout d’abord parqués dans des camps de l’autre côté de la frontière. « On nous a mis dans des trains ou des camions et nous avons été dispatchés dans tout le Sud-Ouest. Nous nous sommes arrêtés à Angoulême, dans le camp des Alliers, du nom d’un quartier de la ville ». Ils n’en seront « libérés » qu’à l’arrivée des Allemands.
“ Nous avons été les premiers déportés ”
« Nous avons fait partie des premiers convois de déportés, avant les juifs ». Une fois réellement libérés, impossible pour eux de retourner en Espagne conscients de l’issue fatale, Franco étant toujours au pouvoir. « L’association a été créée en 1983, uniquement pour rassembler les Espagnols exilés par la guerre civile et par la vague d’immigration des années 1950. Depuis 2001, nous passons du temps avec des collégiens et lycéens pour témoigner, à la suite du documentaire réalisé par la journaliste espagnole qui était venue à notre rencontre à Angoulême ».
Cette après-midi fait partie d’un projet plus global avec un voyage de trois jours autour de la mémoire. « Nous allons partir dans le sud pour étudier les traces de la mémoire à la fois des Espagnols mais aussi des Indochinois, des Juifs et des Harkis, explique Aline Le Pape, prof d’histoire-géographie. L’idée est de montrer aux élèves qu’il y a en Europe des tas de mémoires et qu’elles resurgissent très progressivement. Il faut faire histoire avec les mémoires avant qu’elles ne disparaissent ». Une façon de lier les cours de langue et d’histoire-géographie. « Nous avons prévu de rencontrer des exilés indochinois et leurs familles ». Le voyage est prévu pour la fin mars

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